Page:Le Dantec - Lamarckiens et Darwiniens.djvu/193

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ces différences vont devenir héréditaires serait nier l’hérédité même dans ce qu’elle a de plus important. On ne doit considérer, parmi les caractères nouveaux, comme caractères réellement acquis, que ceux qui ne tiennent pas passagèrement à l’action passagère du milieu, mais persistent même après qu’ont disparu les circonstances qui les ont fait naître. Je n’ai pas la prétention d’expliquer en quelques lignes le mécanisme de l’hérédité des caractères acquis, mais je puis en donner une idée assez facilement dans le langage des coefficients quantitatifs. Ainsi que je l’ai montré ailleurs[1], il y a des caractères quantitatifs communs à tous les éléments histologiques d’un être supérieur, quelque différenciés que soient ces éléments ; ces caractères quantitatifs communs, ces coefficients que n’a pas touchés la variation quantitative au cours de l’évolution individuelle, sont les caractères individuels. Eh bien, j’appelle caractère nouveau, caractère acquis, un caractère de l’adulte, caractère morphologique ou physiologique ou psychologique, un caractère qui est incompatible avec l’existence de ces coefficients quantitatifs communs à tout l’organisme.

De deux choses l’une : ou bien il existe une nouvelle combinaison de coefficients compatible avec le nouveau caractère et alors, le jeu de la sélection naturelle s’exerçant entre les éléments des tissus arrivera, comme je l’ai montré dans l’Évolution individuelle, à modifier à la longue tous les éléments histologiques de manière à leur donner cette nouvelle combinaison de coefficients ; il n’y aura plus antagonisme entre le caractère nouveau et les propriétés quantitatives des

  1. Évolution individuelle et hérédité, op. cit.