Page:Le Dantec - Lamarckiens et Darwiniens.djvu/76

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aux critiques[1] de mauvaise foi : « On peut dire, par métaphore, que la sélection naturelle recherche à chaque instant, et dans le monde entier, les variations les plus légères ; elle repousse celles qui sont nuisibles, elle conserve et accumule celles qui sont utiles ; elle travaille en silence, insensiblement, partout et toujours, dès que l’occasion s’en présente, pour améliorer tous les êtres organisés relativement à leurs conditions d’existence organiques et inorganiques. Ces lentes et progressives transformations nous échappent jusqu’à ce que, dans le cours des âges, la main du temps les ait marquées de son empreinte et, alors, nous nous rendons si peu compte des périodes géologiques écoulées que nous nous contentons de dire que les formes vivantes sont aujourd’hui différentes de ce qu’elles étaient autrefois[2]. »

Une des conditions nécessaires pour que la sélection naturelle puisse s’exercer avantageusement est que le nombre des individus qui persistent soit trié dans un nombre beaucoup plus grand d’individus produits ; or écoutons Wallace :

« On admet souvent que l’abondance d’une espèce dépend avant tout de sa plus ou moins grande fécondité. Mais les faits nous feront voir que cette condition n’y est que pour peu de chose ou pour rien.

  1. « Il est curieux d’observer le langage que prend Darwin quand il veut décrire la structure des orchidées ; il néglige complètement la réserve que l’on doit mettre à attribuer des intentions à la nature. L’intention est la seule chose qu’il voie. Exemple : « Le labellum développé prend la forme d’un nectaire prolongé afin d’attirer des lépidoptères… le nectar est place à dessein et ne peut être absorbé que lentement, dans le but de laisser à la substance visqueuse le temps de devenir sèche et dure. » (Duc d’Argyll, Règne de la loi.)
  2. Darwin, op. cit., p. 90.