Page:Le Goffic - Poésies complètes, 1922.djvu/100

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Longtemps sur la mer d’émeraude,
Ainsi que des bleuets ailés,
Leur vol incertain tremble et rôde.

Mais ceux qu’une lame a frôlés
Sentent bientôt l’éclaboussure
Alourdir leurs corps fuselés.

Même au temps où juillet azure
Ses remous et ses tourbillons,
La mer est changeante et peu sûre.

Déserteurs des calmes sillons,
Vous êtes pareils à mes rêves.
Papillons bleus, ô papillons !

Luise quelque aube aux clartés brèves
Penchant ses yeux meurtris et doux
Sur le glauque miroir des grèves,

C’est assez pour eux et pour vous :
Leur cavalcade trébuchante
Coupe l’infini de bonds fous.