Page:Le Goffic - Poésies complètes, 1922.djvu/46

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LA CHANSON DE MARGUERITE


Elle est comme la rose franche,
Qu’un jeune pasteur par oubli
Laisse flétrir dessus la branche,
Sans se parer d’elle au dimanche,
Sans fleurer le bouton cueilli.

Jean de La Taille.


Pour bercer son sommeil mystique de Bretonne,
Au fond du petit lit où l’on se pelotonne,
Je lui chante à mi-voix les chansons de jadis,
Viviane aux yeux pers, Merlin ou le Roi d’Ys,
Qu’étreignait un démon accroupi sur sa selle.
Mais la chanson qu’elle aime entre toutes est celle
De Margot, d’une enfant qui mourut en souci
De n’avoir pas trouvé d’épouseur. La voici :