Page:Le Goffic - Poésies complètes, 1922.djvu/76

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Chacun d’eux m’appelait ; chacun d’eux sous son aile
Montrait le trou béant de quelque trahison.
Vains efforts ! Ils n’ont pu détacher ma prunelle
De la rose d’Éden, de la rose éternelle,
Qui poussait en mon cœur sa libre floraison !
Et je n’ai pas eu tort, n’est-il pas vrai, mon frère,
De comprimer en moi tout élan téméraire.
De planter mes deux poings au fond de mes deux yeux,
De fermer mon oreille aux voix du suicide
Et d’invoquer si haut la Muse au front placide
Qu’elle ait à mon appel abandonné les cieux !