Page:Le Nismois, La Tunique de Nessus, 1900.djvu/52

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— Puisque je te le dis ! Dépêche-toi, il faut que je rejoigne Stanislas.

Avec quelle dévotion et quel tremblement la fillette baisa la pointe rose de ce sein, de ce sein si blanc, si rond, si pur ! Elle ferma les yeux comme Irène la fixait, attendant son impression, et murmura :

— Ce baiser me répond partout, partout !

— Partout, en ce moment c’est ton cul, ma petite, rends-t’en compte et ne te couche pas avant notre retour : tu embrasseras l’autre et tu nous montreras, à Stanislas et à moi, l’effet que ça te produit.

— Oh, Madame !

— Ne m’appartiens-tu pas, ma petite chérie ?

— Jusqu’à la mort.

— Jusqu’au paradis. Nous te prendrons, te garderons et tu auras par nous le bonheur.

Que signifiaient ces paroles qui tourbillonnaient dans son esprit et l’enveloppaient d’un air chaud, lui infusant mille langueurs dans les veines. Annina ne cherchait pas à se l’expliquer. Sa maîtresse lui disait qu’elle la prendrait avec Monsieur, elle n’était pas assez naïve pour ignorer ce que comportait le mot de prendre pour une fille, elle se donnait, on ferait d’elle