Page:Le Nismois - L’Armée de volupté, 1900.djvu/53

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— Monsieur me permet de donner mon avis ?

— Quel sot butor tu es ! Pourquoi te le défendrais-je ? Tu crois que j’étais ivre-mort ?

— Oh non, Monsieur, mais cuité.

— Va-t’en.

S’il ne se souvenait pas de la fin de l’aventure, tout le reste émergeait, et ce reste le tuait, car malgré la promesse de Lucie Steinger, il ne connaissait pas son adresse, il ne savait rien d’elle, il ignorait s’il la retrouverait.

Que faire dans cette situation d’esprit, sinon tuer tristement la journée, et courir le soir au Moulin-Rouge !

Il n’y manqua pas. Le même Glomiret était à la même place, il l’aborda.

— Eh bien, et l’aventure ? demanda celui-ci.

— Pas banale, mais inquiétante.

— Un danger ?

— Un souvenir qui brûle.

— Diable ! Et pas moyen de récidiver, la belle a gardé l’incognito ?

— Pas précisément, mais ma mémoire est en déroute.