Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/116

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Puis, après dîner, m’abîmant
Dans un haut fauteuil à ramages,
Fumant ma pipe lentement,
Comme doivent fumer les sages,

Je rêve… Enfin le hobereau
Monte en son lit à la duchesse,
Où sont peintes sur le rideau
Les amours de quelque déesse.




PHANOR


Ami, n’épuise pas ton flacon de genièvre :
Quand on boit, le coup d’œil n’est pas sûr au tiré.
Viens ! je sais les retraits où se tapit le lièvre,
Viens ! J’entends les perdrix chanter dans le fourré.

Les guêtres au mollet ! Boucle ta carnassière !
Le gibier tiendra bien par ce temps chaud et clair.
C’est l’heure où les vieux coqs flânent dans la bruyère,
Nous nous mettrons au vent, — et Phanor a du flair !

Le bon chien ! Du regard il te gronde et te flatte.
Son fouet impatient et dur bat le plancher…
Il gratte en gémissant la porte de sa patte…
Mais tu ne comprends pas ! il revient se coucher.