Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/120

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Et pourtant la Montagne indomptable est troublée
De ces ébranlements dont tremble une assemblée,
Et se lève parfois dans un élan soudain
Contre cet immuable et solide dédain.
Demandez à l’écueil s’il a peur de la houle !
La Crète se détache impétueuse et roule
Vers la tribune hostile et veut en arracher
Le Celte qui tient bon comme tient un rocher,
Et par moments secoue et rejette éperdue
La grappe d’assaillants à son corps suspendue.
Seul Legendre parfois fait bouger ce Titan
Par un prodigieux et douloureux ahan,
Tel qu’en peut élancer dans ses franches furies
Le héros turbulent des rouges boucheries :
Mais l’autre s’affermit tranquille et souverain…
Car Legendre est de chair et Lanjuinais d’airain !




II

DANTON AU CIMETIÈRE


La femme de Danton, douce même à la mort,
Paisible elle s’est endormie
Comme un lac par un soir sans brise ou dans un port
Une voile en pleine accalmie.