Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/137

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Je songe aux jours d’absence, aux longues nuits, aux rêves
Tout pleins de ton image inerte sur les grèves.

HIPPIAS, après un long baiser.

Tes pleurs coulaient pour moi, ma lèvre a bu tes pleurs.
L’homme sage et pieux ne craint point de malheurs.
Après le cours entier d’une changeante année,
Daphné, tu reverras ma tête fortunée.

DAPHNÉ.

Ami, je t’attendrai de saison en saison,
Comme il sied à la femme, au fond de la maison.
J’en fais un grand serment : la mort, la mort jalouse
Peut seule en ses longs bras t’enlever ton épouse.

HIPPIAS.

Vis heureuse, ô Daphné.

DAPHNÉ.

Vis heureuse, ô Daphné. Hippias, sois en paix.
Il s’en va.
Hippias !… Sur mes yeux tombe un nuage épais.
O tristesse ! ô frisson ! inexplicable crainte !


SCÈNE IV.

DAPHNÉ, KALLISTA

Kallista est portée en litière. Son esclave Phrygia l’accompagne.


KALLISTA.

Phrygia, soutiens-moi jusqu’à la maison sainte.
Je te cherchais, ma fille. Oh ! certes, Dieu n’a pas
Sans un profond dessein conduit ici tes pas.