Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/266

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SNORRA.

Le beau tueur de loups, le jeune homme aux bras forts
Sur ma couche rompue a joui de mon corps.
Ton choc fut rude, Agnar ! sans prière ni piége,
Soudain, hurlant, pareil à la trombe de neige
Qui frappe, emporte, abat le sapin résistant ;
Et ma force, en tes bras sœur des joncs de l’étang,
A subi ta vigueur redoutable, avec joie !
Mais tu dors trop longtemps, jeune loup, sur ta proie,
Car un dessein hardi qu’irrite ta langueur
Rôde impatiemment dans l’ombre de mon cœur.

AGNAR.

Pendant que le vieillard, ton époux et mon hôte,
Éventre du harpon les narvals de la côte,
J’ai vu, des flancs profonds aux cimes des seins durs,
Luire ta neige nue en tes cheveux obscurs.