Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/326

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Qui sur les choses désolées
S’étendent en sombres frimas ;

Ses matelots, sinistres têtes,
Pour signaux ont pris les tempêtes,
Pour avirons les coups de vent.
Ses larges voiles éployées,
Dans la brume, formes noyées,
Masqueront le soleil levant.

Adieu la danse des Almées
Sur les pelouses parfumées ;
Adieu les joyeuses chansons ;
Adieu, sous les vertes charmilles,
Les chœurs rhythmés des jeunes filles,
La ronde des bruyants garçons.

Adieu, sous les joncs, le Satyre
Dont le lascif éclat de rire
Fait frissonner la nymphe Écho.
Adieu l’amour, adieu le rêve,
Adieu la gaîté qui soulève
Les basques de son caraco.

Adieu les nymphes toutes nues,
Au bord des fontaines venues,
Qui, se mirant au pur cristal,
Dans le mystère bleu des ondes
Laissent baiser leurs tresses blondes
Aux flots amoureux du canal.