Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/355

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En germes, qui naîtront dans la saison future,
Et qu’il recueillera lors de la moisson mûre !
La Terre est sainte, et Dieu l’aime comme un époux
Aime d’un grand respect et d’un amour très-doux
Sa femme, bon sillon, qui porte noble graine
En son sein que travaille une semence humaine !
Et la Terre rendra les morts qu’elle a reçus,
Indignés de nos pieds qui leur marchent dessus…
Et la Fille, là-haut même, se désespère
De sentir sur son cœur le talon de son Père ! »

Alors, s’agenouillant :
Alors, s’agenouillant : — « Venez à mon secours,
Dieu très-bon ! Abrégez la terreur de mes jours,
Ou faites si léger le pauvre homme qui pleure,
Que la terre, insensible à son pas qui l’effleure,
Et si molle de sang qu’elle est fange aujourd’hui,
Ne rougisse ses pieds et n’enfonce sous lui ;
Et, surtout, ne palpite, encor toute empourprée,
Comme une pauvre chair fraîchement massacrée ! »

Lors, il me vit : — hagard il me fixa longtemps,
Et son âme vaguait dans ses yeux hésitants :
Puis, ses poils blancs s’étant dressés sur son front blême :
— « Ah ! c’est toi, cria-t-il, en arrière, anathème !
Tout rempli de Satan, ton œil sombre qui luit
Est comme un feu follet qui flambe dans la nuit,
Familier des tombeaux et des endroits funèbres
Où la terre pourrit des os dans les ténèbres,