Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/76

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Quoi ! ce n’est point un sort amer que je subis
Et, blanche, vous voulez tâter à mon pain bis ?
Ah ! que je vais t’aimer au grand soleil, dans l’herbe !





II

EFFET D’ARPÉGES


Comment cela se fit !… Eh ! mon Dieu, par hasard !
En juin, l’autre été, vers minuit, j’allai chez elle,
Assise au clavecin, elle lisait Mozart ;
En entrant, je lui dis : « Bonsoir, mademoiselle !… »

Elle était tout en blanc ainsi qu’une donzelle,
Ses cheveux, rejetés en arrière et sans art,
Arrosaient son peignoir ample de filoselle
Griffé d’une émeraude en forme de lézard.

« Aimez-vous ce morceau ? — Chère musicienne,
Votre main au clavier erre amoureusement !
Et vous avez l’aspect d’une magicienne. »

Peut-être évoquait-elle une image ancienne,
Je ne sais ! Elle vint à moi d’un pas charmant,
Ferma les yeux et mit ma bouche sur la sienne.