Page:Le Parnasse libertin ou Recueil de poésies libres, BnF Enfer-729, 1769.djvu/92

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gaimant ſauta ſur Cloris
Comme un Faucon deſſus ſa proye.
Quand cette belle ouvrant les yeux,
Vit Liſandre victorieux
Forcer ſes défenſes ſecretes,
Et la tenant par les deux bras,
Entrer tout fier de ſes conquetes
En un lieu qu’on ne nomme pas…

32.

Tandis que Cloris ſe tourmente
Par des doux & puiſſants efforts,
Et qu’elle agite tout ſon corps
Pour ſauver ſa vertu mourante ;
Son heureux Liſandre aux abois
Roule les yeux, & perd la voix ;
L’amour fait écouler ſon ame,
Elle eſt toute prête à partir ;
II s’étend, il dort, il ſe pâme,
Et ne ſent rien pour trop ſentir,

33.

D’abord que ſon ame ravie
De l’excès d’un plaiſir ſi grand,
Eut par un ſoupir tout brûlant
Donné des ſignes de ſa vie,
Cloris avec ſa belle main
Ôta la bouche de ſon ſein
Où ſon Amant l’avoit collée,