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DOCUMENT A

LES PAYSANS À FAMILLE-SOUCHE DU LUNEBOURG HANOVRIEN

PAR M. MONNIER
Ancien maître des requêtes au conseil d’État[1].

Le Lunebourg hanovrien n’offre aucun des charmes pittoresques qu’on pourrait se promettre d’un aussi lointain voyage. À travers les brouillards humides, imprégnés d’une odeur de tourbe particulière à ces pays, brouillards qui, dès que vient l’automne, se répandent et courent sur la plaine, fouettés par le vent du nord, on n’entrevoit que des horizons monotones, où la bruyère semble alterner sans fin avec des bois d’arbres verts, parsemés de bouleaux.

Si le sol est pauvre, s’il ne donne qu’à un travail opiniâtre ses maigres produits, combien ce fait qu’il s’y est conservé une race de paysans particulièrement riche, prospère, féconde, n’est-il pas plus digne d’intérêt et d’étude ? Autant les circonstances extérieures sont défavorables, autant s’accroît le mérite des habitants et des mœurs sociale, qu’ils ont conservées.

  1. Extrait du Bulletin de la Société d’économie sociale (1868).