Page:Le Play, L’Organisation De La Famille, 1884.djvu/51

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Selon les indications fournies par la tradition, la physiologie et la comparaison des langages, les nouvelles races venues de l’Orient développèrent beaucoup dans les Gaules les habitudes pastorales ou agricoles. Cependant elles adoptèrent en partie les mœurs et la constitution sociale des anciens clans. Les Gaulois, à l’époque où les Grecs et les Romains commencèrent à les étudier, avaient pour caractère dominant l’instabilité dans la famille.

La population, dans la plupart des clans, était groupée par petites bourgades. Ces bourgades, entourées de champs subdivisés en nombreuses parcelles, étaient, en général, bâties à proximité de forêts et de friches. Celles-ci étaient exploitées, sous un régime de communauté, pour la construction ou le chauffage des habitations, et surtout pour la nourriture des troupeaux. Les champs et les bestiaux appartenaient en propre aux ménages ils étaient en partie donnés en dot aux adultes sortant de la maison paternelle pour fonder dans la localité de nouveaux ménages ; le surplus était partagé entre ces derniers, après la mort de leurs parents. Les jeunes Gaulois ne se contentaient pas, en général, de l’indépendance et du bien-être que leur offrait l’établissement au lieu natal ils cherchaient volontiers de meilleures destinées dans les entreprises aventureuses. Pour eux, la dot la plus estimée était