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nos pères du dix-huitième siècle, hommes de vaste érudition et de forte volonté, qui se passionnaient pour tout, même pour la géographie critique ; mais certes elles ne troublaient guère la pensée des aventureux Portugais du quinzième siècle ; gens pratiques avant tout, ceux-ci ne demandaient aux côtes africaines la solution d’aucun problème scientifique ; ils y cherchaient simplement de l’or et des esclaves. Nous devons ajouter que, subsidiairement à ce trafic, ils s’occupaient volontiers de la conversion des indigènes.

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Depuis la découverte du Sénégal, et vraisemblablement jusqu’au milieu du seizième siècle, les Portugais seuls naviguèrent et trafiquèrent dans ses eaux. Leur présence même à une époque plus rapprochée de nous y est constatée par leurs auteurs, par tous les explorateurs de la Sénégambie, et particulièrement par la conservation, dans les idiomes oualof, serère et même malinké, d’un certain nombre de mots évidemment d’origine lusitanienne, tels que signare pour signora, rapace, domestique, argamace, terrasse, etc. Ce sont eux encore qui ont appliqué aux tribus nomades du Sâh’ra occidental, mélangées de Berbères et d’Arabes, le nom générique de Maures, donné, lors des invasions musulmanes, à tous les conquérants venus de la Mauritanie en Espagne.