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Intérieur de café, à Bagdad. — Dessin de M. E. Flandin.


VOYAGE EN MÉSOPOTAMIE,


PAR M. EUGÈNE FLANDIN,


CHARGÉ D’UNE MISSION ARCHÉOLOGIQUE À MOSSOUL.


1840-1842. — TEXTE INÉDIT.


J’avais employé dix-huit mois à parcourir la Perse dans tous les sens, et je m’acheminais vers la frontière d’Azerbaïdjan[1] pour rentrer en France. Des obstacles imprévus vinrent barrer la route qui devait me ramener le plus directement en Europe. La peste au nord, une horrible famine à l’ouest, avaient élevé des barrières infranchissables, soit du côté de la Russie, soit à l’entrée de l’Asie Mineure. En effet, le premier de ces fléaux décimait les populations russo-géorgiennes des bords de l’Araxe, tandis qu’une affreuse disette ne laissait aux habitants de l’Arménie, ou aux voyageurs qui voulaient la traverser, aucune ressource à espérer avant la moisson. Il en résultait l’impossibilité de choisir entre les deux routes d’Érivan et d’Erzeroum. De l’égale commodité de ces deux voies de retour aurait pu naître l’embarras du choix ; mais les difficultés insurmontables que chacune d’elles présentait, ne me permirent pas de balancer, et je dus renoncer à rentrer en Europe par le Bosphore ou par le Caucase. Force me fut de regarder au sud si un chemin ne serait pas ouvert pour sortir des États du châh et traverser, sans nouvel encombre, ceux du sultan.

La route de Bagdad était la seule. — Mais n’y avait-il pas à hésiter avant de se lancer au milieu des montagnes du Kurdistan pour redescendre dans les plaines

  1. Province spetentrionale de la Perse, touchant à la Géorgie et à l’Arménie.