Page:Le Voyage des princes fortunez - Beroalde, 1610.pdf/14

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EN FAVEUR DV


SR DE BEROALDE.



SOrtez des monumens, Philoſophes antiques,
Qui giſez endormis ſous le faix du tombeau,
Ouurez vos yeux aux rais de cet aſtre nouueau,
Qui comme un beau ſoleil eſclaire à uos reliques.


Admirable flambeau qui parmi la nuict ſombre,
De uos uieilles erreurs, eſclaire à nos eſprits,
Et perçant le broüillas qui couure uos eſcrits
Tire un iour d'une nuict, la lumiere de l'ombre.


Sous le silence obſcur des choſes retenues,
Que le temps reſeruoit à la posterité,
Paroiſſent aux rayons de la belle clarté,
Comme aux rais du ſoleil les choses ſont cognues.


Fleur ſur le printemps de ſa ſaison premiere,
Plus de flammeux rayons, que uous en uoſtre eſté,
Et au point de son iour, plus de uiue clarté
Qu'au midy de uos ans uous n'auiez de lumiere.


Dans l’abiſme profond des œuures de Nature,
Vos yeux bien que ſubtils, se trouuoient empeſchés.
Mais les points plus ſecrets qui uous eſtoient cachez.
Les deſtins les gardoient pour ſa gloire future.