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le mécanisme du toucher

doigts des divergences notoires. Ce sont ces incohérences qui prouvent la maladresse des mouvements ; ou plutôt la maladresse des mouvements est en corrélation constante avec le caractère spécial des contacts réalisés.

III. — Lorsque, employant une pose encore plus anormale, nous tenons de la main droite la plume entre la région plus sensible de l’index et la région moins sensible du médius en croisant ces deux doigts, nos contacts nous transmettent une discrimination d’impression tactiles d’autant plus défectueuse que les lignes papillaires des deux empreintes ne se sont pas juxtaposés transversalement, mais dans le sens de leur longueur. Notre écriture a pris sous l’influence de cette disposition anormale tous les signes de la lutte engagée dans les organes tactiles. Nos lettres sont comme contracturées, au lieu d’être formées par des lignes continues, elles se composent de fractions multiples auxquelles les ricochets de la plume donnent un caractère frappant.

Tout en évoquant des déformations moindres, une certaine analogie se produit dans la conformation des lettres lorsque nous écrivons de la main gauche. Il semble donc qu’en utilisant à rebours les organes tactiles de la main droite, nous faisons concorder, dans une certaine mesure, leurs mouvements avec ceux de la main gauche dont l’éducation, par l’assimilation des mouvements symétriques, est faite à rebours.

D’autres expériences nous ont prouvé combien les combinaisons des contacts influencent la discrimination des mouvements. Si, cherchant à écrire très finement