Page:Lea - Léo Taxil, Diana Vaughan et l'Église Romaine, 1901.djvu/34

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Diana publia également, durant l’été de 1896, Le 33e Crispi, gros volume de cinq cents pages révélant tous les secrets de la politique et de la Franc-Maçonnerie en Italie. Dans une lettre du 11 juillet, Mgr Vicenzo Sardi, un des secrétaires apostoliques, la remercie de l’envoi d’un exemplaire et l’engage à continuer de démasquer la secte infâme ; c’est pour cette fin que la Providence a si longtemps permis que Diana en fît partie. Cependant il fait une allusion à des bruits calomnieux que l’on répand et dont l’objet est de contester l’existence même de la néophyte ; ce sont là, dit-il, les artifices de la Franc-Maçonnerie ; mais il pense que si Diana démentait ces faux bruits, ce serait tout profit pour un très grand nombre d’âmes. Le fait est que trop de gens étaient dans le secret de l’imposture pour qu’il put être longtemps bien gardé. Vers cette époque, Margiotta et le Dr Hacks eurent une querelle avec Taxil au sujet du partage des bénéfices et commencèrent à se vanter de la part prise par eux dans la mystification en cours. Pourtant, le plus important organe de l’Église, la Civiltà Cattolica, dirigée et rédigée par les Jésuites, parle, dans son numéro de septembre 1896, de Miss Diana Vaughan, « appelée des profondeurs des ténèbres à la lumière de Dieu, préparée par la Providence divine, armée de savoir personnel et d’expérience, s’employant au service de l’Église et infatigable dans ses précieuses publications que rien n’égale en exactitude et en utilité. » La Franc-Maçonnerie, consternée, pour échapper à ses coups, nie l’existence de la jeune fille et la traite de personnage mythique ! — Il faut ajouter qu’une traduction italienne des Mémoires paraissait à Rome dans la Rivista Antimassonica, organe officiel de l’Union Anti-Maçonnique d’Italie.

Pourtant, la crise était proche. Sous l’influence des déclarations pontificales et des prétendues révélations, un grand Congrès Anti-Maçonnique avait été convoqué à Trente pour la fin de septembre. La convocation fut accueillie avec enthousiasme et le succès de la réunion tint du prodige. Le président honoraire fut le Prince-évêque de Trente et le président effectif le Prince Karl de Löwenstein ; on comptait environ un millier de membres,