Page:Leblanc - Contes Heroïques, parus dans Le Journal, 1915-1916.djvu/48

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Alors elle lui posa la main sur l’épaule et elle prononça :

— En ce cas, viens.

— Que signifie ?…

— Viens, puisque tu veux savoir.

Il l’observa un instant sans comprendre, puis, comme elle sortait, il la suivit.

Dehors ils prirent une voiture, et Francine Dervieu donna comme adresse le nom d’une rue que son mari ignorait. Ils traversèrent le quartier de l’Opéra et celui de la Bourse et pénétrèrent dans la partie la plus tortueuse du Marais. La voiture s’arrêta devant un passage qui communiquait avec une cour entourée de hautes maisons tristes et sales, aux fenêtres desquelles pendaient du linge et des vêtements. Francine se dirigea vers un escalier obscur qu’ils montèrent en tenant la rampe. Au sixième étage il y avait un couloir bordé de petites portes où étaient épinglées des cartons avec des noms. À la dernière de ces portes Francine s’arrêta et frappa deux coups.

Un bruit de chaise. Une voix qui crie : « Entrez » Et l’on ouvrit.

Devant eux se tenait une jeune fille, assez pâle, brune, vêtue d’une robe marron très simple. La figure était aimable et souriante, plutôt jolie, et surtout animée de charme et de séduction.

Francine lui serra la main d’un geste affectueux, comme on la serre à quelqu’un que l’on a beaucoup de plaisir à voir et prononça :

— Geneviève, je vous amène le père de Bernard.