Page:Leblanc - L’Aiguille creuse, 1912.djvu/142

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
128
L’AIGUILLE CREUSE

— Je vous prierai de remarquer que ma bonne grâce consiste surtout à obéir à vos ordres. La menace que vous me faisiez dans la lettre en question était d’autant plus péremptoire qu’elle ne s’adressait pas à moi, mais qu’elle visait mon père.

— Ma foi, répondit Lupin en riant, on agit comme on peut, et il faut bien se servir des moyens d’action que l’on possède. Je savais par expérience que votre propre sûreté vous était indifférente, puisque vous avez résisté aux arguments du sieur Brédoux. Restait votre père… votre père que vous affectionnez vivement… J’ai joué de cette corde-là.

— Et me voici, approuva Beautrelet.

Je les fis asseoir. Ils y consentirent, et Lupin, de ce ton d’imperceptible ironie qui lui est particulier :

— En tout cas, Monsieur Beautrelet, si vous n’acceptez pas mes remerciements, vous ne repousserez pas du moins mes excuses.

— Des excuses ! Et pourquoi, Seigneur ?

— Pour la brutalité dont le sieur Brédoux a fait preuve à votre endroit.

— J’avoue que l’acte m’a surpris. Ce n’était pas la manière d’agir habituelle à Lupin. Un coup de couteau…

— Aussi n’y suis-je pour rien. Le sieur Bré-