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L’AIGUILLE CREUSE
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s’y tapir, peut-être est-il sauvé. À force d’énergie, il en approche, il en est à quelques mètres lorsqu’un bruit de pas survient. Harassé, perdu, il s’abandonne. L’ennemi arrive. C’est Mlle Raymonde de Saint-Véran.

« Tel est le prologue du drame ou plutôt la première scène du drame.

« Que se passa-t-il entre eux ? Il est d’autant plus facile de le deviner que la suite de l’aventure nous donne toutes les indications. Aux pieds de la jeune fille, il y a un homme blessé, que la souffrance épuise, et qui dans deux minutes sera capturé. Cet homme, c’est elle qui l’a blessé. Va-t-elle le livrer également ?

« Si c’est lui l’assassin de Jean Daval, oui, elle laissera le destin s’accomplir. Mais en phrases rapides, il lui dit la vérité sur ce meurtre légitime commis par son oncle, M. de Gesvres.

« Elle le croit. Que va-t-elle faire ?

« Personne ne peut les voir. Le domestique Victor surveille la petite porte. L’autre, Albert, posté à la fenêtre du salon, les a perdus de vue l’un et l’autre. Livrera-t-elle l’homme qu’elle a blessé ?

« Un mouvement de pitié irrésistible, que toutes les femmes comprendront, entraîne la jeune fille. Dirigée par Lupin, en quelques