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L’AIGUILLE CREUSE
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— Impossible. Tout est gardé.

Beautrelet réfléchit, puis prononça :

— Après ?

— Après, j’ai couru à la Majorité et j’ai averti le commisaire.

— Il est venu chez vous ?

— Oui, et un monsieur du parquet aussi. Toute la matinée on a cherché, et c’est quand j’ai vu que ça n’avançait pas et qu’il n’y avait plus d’espoir, que je vous ai télégraphié.

— Dans la chambre, le lit était défait ?

— Non.

— Et la chambre était en ordre ?

— Oui. J’ai retrouvé sa pipe au même endroit, son tabac, le livre qu’il lisait. Il y avait même, au milieu de ce livre, cette petite photographie de vous qui tenait la page ouverte.

— Faites voir.

Froberval passa la photographie. Beautrelet eut un geste de surprise. Il venait, sur l’instantané, de se reconnaître, debout, les deux mains dans ses poches, avec, autour de lui, une pelouse où se dressaient des arbres et des ruines.

Froberval ajouta :

— Ce doit être le dernier portrait de vous que vous lui avez envoyé. Tenez, par derrière, il y a la date… 3 avril, le nom du photographe,