Page:Leblanc - L’Aiguille creuse, 1912.djvu/220

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
206
L’AIGUILLE CREUSE

LE MYSTÈRE DE L’AIGUILLE CREUSE

Toute la vérité dénoncée pour la première fois. Cent exemplaires imprimés par moi-même et pour l’instruction de la cour.

« À neuf heures du matin, ce jour du 17 mars, l’auteur, un très jeune homme, bien vêtu, dont on ignore le nom, se mit à déposer ce livre chez les principaux personnages de la Cour. À dix heures, alors qu’il avait accompli quatre de ces démarches, il était arrêté par un capitaine des gardes, lequel l’amenait dans le cabinet du roi et repartait aussitôt à la recherche des quatre exemplaires distribués. Quand les cent exemplaires furent réunis, comptés, feuilletés avec soin et vérifiés, le roi les jeta lui-même au feu, sauf un qu’il conserva par-devers lui.

« Puis il chargea le capitaine des gardes de conduire l’auteur du livre à M. de Saint-Mars, lequel Saint-Mars enferma son prisonnier d’abord à Pignerol, puis dans la forteresse de l’île Sainte-Marguerite. Cet homme n’était autre évidemment que le fameux homme au Masque de fer.

« Jamais la vérité n’eût été connue, ou du moins une partie de la vérité, si le capitaine des gardes qui avait assisté à l’entrevue, profitant d’un moment où le roi s’était détourné, n’avait