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L’AIGUILLE CREUSE

Romain, Octeville et Gonneville, et Criquetot.

Il frappait le soir chez les paysans et leur demandait le gîte. Après dîner, on fumait ensemble et l’on devisait. Et il leur faisait raconter des histoires qu’ils se racontaient aux longues veillées d’hiver. Et toujours cette question sournoise :

— Et l’Aiguille ? La légende de l’Aiguille creuse… Vous ne la savez pas ?

— Ma foi, non… je ne vois pas ça…

— Cherchez bien… un conte de vieille bonne femme… quelque chose où il s’agit d’une aiguille… Une aiguille enchantée peut-être… que sais-je ?

Rien. Aucune légende, aucun souvenir. Et le lendemain, il repartait avec allégresse.


Un jour il passa par le joli village de Saint-Jouin qui domine la mer, et descendit parmi le chaos de rocs qui s’est éboulé de la falaise. Puis il remonta sur le plateau et s’en alla vers la valleuse de Bruneval, vers le cap d’Antifer, vers la petite crique de Belle-Plage. Il marchait gaiement et légèrement, un peu las, mais si heureux de vivre ! si heureux même qu’il oubliait Lupin et le mystère de l’Aiguille creuse, et Victoire, et Sholmès, et qu’il s’intéressait au spectacle des choses, au ciel