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L’AIGUILLE CREUSE

hommes et où il fréta douze barques de pêche, en vue, soi-disant de sondages le long de la côte.


À neuf heures trois quarts, escorté de douze gaillards solides, il rencontrait Isidore au bas du chemin qui monte sur la falaise.

À dix heures précises, ils arrivaient devant le pan de mur. Et c’était l’instant décisif.

— Qu’est-ce que tu as donc, Beautrelet ? Tu es vert ? ricana Ganimard, tutoyant le jeune homme en manière de moquerie.

— Et toi, monsieur Ganimard, riposta Beautrelet, on croirait que ta dernière heure est venue.

Ils durent s’asseoir et Ganimard avala quelques gorgées de rhum.

— Ce n’est pas le trac, dit-il, mais, nom d’un chien, quelle émotion ! Chaque fois que je dois le pincer, ça me prend comme ça aux entrailles. Un peu de rhum ?

— Non.

— Et si vous restez en route ?

— C’est que je serai mort.

— Bigre ! Enfin, nous verrons. Et maintenant, ouvrez. Pas de danger d’être vu, hein ?

— Non. L’Aiguille est plus basse que la