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L’AIGUILLE CREUSE

— Eh bien ?

— Eh bien, j’ai toute liberté d’employer ces vacances à ma guise.

— Votre père ?…

— Mon père habite loin, au fond de la Savoie, et c’est lui-même qui m’a conseillé un petit voyage sur les côtes de la Manche.

— Avec une fausse barbe ?

— Oh ! ça non. L’idée est de moi. Au lycée, nous parlons beaucoup d’aventures mystérieuses, nous lisons des romans policiers où l’on se déguise. Nous imaginons des tas de choses compliquées et terribles. Alors j’ai voulu m’amuser et j’ai mis une fausse barbe. En outre, j’avais l’avantage qu’on me prenait au sérieux et je me faisais passer pour un reporter parisien. C’est ainsi qu’hier soir, après plus d’une semaine insignifiante, j’ai eu le plaisir de connaître mon confrère de Rouen, et que, ce matin, ayant appris l’affaire d’Ambrumésy, il m’a proposé fort aimablement de l’accompagner et de louer une voiture de compte à demi.


Isidore Beautrelet disait tout cela avec une simplicité franche, un peu naïve, et dont il n’était point possible de ne pas sentir le charme. M. Filleul lui-même, tout en se tenant sur une