Page:Leblanc - L’Aiguille creuse, 1912.djvu/51

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
L’AIGUILLE CREUSE
37

— Si je crois ! C’est la vérité certaine. Voilà bien dix minutes que l’idée m’en est venue… Mais je ne suis qu’un imbécile de ne pas y avoir pensé plus tôt. On les aurait tous pincés.

Quevillon frappa du pied dans un subit accès de rage.

— Mais où, sacré nom ? Par où sont-ils passés ? Par où l’ont-ils enlevé ? Et lui, le gredin, où se cachait-il ? Car enfin, quoi ! on a battu le terrain toute la journée, et un individu ne se cache pas dans une touffe d’herbe, surtout quand il est blessé. C’est de la magie, ces histoires-là !…

Le brigadier Quevillon n’était pas au bout de ses étonnements. À l’aube, quand on pénétra dans l’oratoire qui servait de cellule au jeune Isidore Beautrelet, on constata que le jeune Isidore Beautrelet avait disparu.

Sur une chaise, courbé, dormait le garde champêtre.

À côté de lui, il y avait une carafe et deux verres. Au fond de l’un de ces verres, on apercevait un peu de poudre blanche.

Après examen, il fut prouvé, d’abord que le jeune Isidore Beautrelet avait administré un narcotique au garde champêtre, qu’il n’avait pu s’échapper que par une fenêtre, si-