Page:Leblanc - L’Aiguille creuse, 1912.djvu/79

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
L’AIGUILLE CREUSE
65

cachette, lui. Et je suppose que l’état désespéré de son chef lui fut révélé, puisque, sous le coup de l’inquiétude, il a commis l’imprudence d’écrire ce mot de menace : « Malheur à la jeune fille si elle a tué le patron. »

— Mais ses amis ont pu l’enlever par la suite ?

— Quand ? vos hommes n’ont pas quitté les ruines. Et puis où l’aurait-on transporté ? Tout au plus à quelques centaines de mètres de distance, car on ne fait pas voyager un moribond… et alors vous l’auriez trouvé. Non, vous dis-je, il est là. Jamais ses amis ne l’auraient arraché à la plus sûre des retraites. C’est là qu’ils ont amené le docteur, tandis que les gendarmes couraient au feu comme des enfants.

— Mais comment vit-il ? Pour vivre, il faut des aliments, de l’eau !

— Je ne puis rien dire… je ne sais rien… mais il est là, je vous le jure. Il est là parce qu’il ne peut pas ne pas y être. J’en suis sûr comme si je le voyais, comme si je le touchais. Il est là.

Le doigt tendu vers les ruines, il dessinait dans l’air un petit cercle qui diminuait peu à peu jusqu’à n’être plus qu’un point. Et ce point, les deux compagnons le cherchaient éperdu-