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L’AIGUILLE CREUSE

quelque phénomène de clairvoyance et d’intuition, d’expérience et d’habileté. Le 6 juin ! cette date s’étalait dans tous les journaux. Le 6 juin, Isidore Beautrelet prendrait le rapide de Dieppe, et le soir Arsène Lupin serait arrêté.

— À moins que d’ici là il ne s’évade… objectaient les derniers partisans de l’aventurier.

— Impossible ! toutes les issues sont gardées.

— À moins alors qu’il n’ait succombé à ses blessures, reprenaient les partisans, lesquels eussent mieux aimé la mort que la capture de leur héros.

Et la réplique était immédiate :

— Allons donc, si Lupin était mort, ses complices le sauraient, et Lupin serait vengé, Beautrelet l’a dit.


Et le 6 juin arriva. Une demi-douzaine de journalistes guettaient Isidore à la gare Saint-Lazare. Deux d’entre eux voulaient l’accompagner dans son voyage. Il les supplia de n’en rien faire.

Il s’en alla donc seul. Son compartiment était vide. Assez fatigué par une série de nuits consacrées au travail, il ne tarda pas à s’endormir d’un lourd sommeil. En rêve, il eut