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L’AIGUILLE CREUSE
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un sourire et, affectant d’être dupe, répondit :

— Je vous avouerai, Monsieur le juge d’instruction, que, si je n’ai pas assisté tantôt à votre enquête, c’était dans l’espoir que vous consentiriez à m’en communiquer les résultats. Voyons, que savez-vous ?

— Eh bien ! voici. Hier soir, à 11 heures, les trois gendarmes que le brigadier Quevillon avait laissés de faction au château, recevaient dudit brigadier un petit mot les appelant en toute hâte à Ouville où se trouve leur brigade. Ils montèrent aussitôt à cheval, et quand ils arrivèrent à Ouville…

— Ils constatèrent qu’ils avaient été joués, que l’ordre était faux et qu’ils n’avaient plus qu’à retourner à Ambrumésy.

— C’est ce qu’ils firent, sous la conduite du brigadier Quevillon. Mais leur absence avait duré une heure et demie, et durant cette heure et demie, le crime avait été commis.

— Dans quelles conditions ?

— Dans les conditions les plus simples. Une échelle empruntée aux bâtiments de la ferme fut apposée contre le second étage du château. Un carreau fut découpé, une fenêtre ouverte. Deux hommes, munis d’une lanterne sourde, pénétrèrent dans la chambre de Mlle de