Page:Leblanc - Les Dents du Tigre, paru dans Le Journal, du 31 août au 30 octobre 1920.djvu/296

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Valenglay sembla très étonné.

— Personne n’a su cette histoire. Qui vous l’a racontée ?

— Le troisième personnage.

— Et ce troisième personnage s’appelait ?

— Don Luis Perenna.

— Vous ! Vous ! s’écria Valenglay. C’est vous qui avez découvert la cachette ? C’est vous qui étiez là ?

— C’est moi, monsieur le président. Vous m’avez demandé alors comment vous pouviez me récompenser. C’est aujourd’hui que je réclame ma récompense.

La réponse ne tarda pas. Elle fut précédée d’un petit éclat de rire plein d’ironie.

— Aujourd’hui ? c’est-à-dire quatre ans après ? C’est bien tard, monsieur. Tout cela est réglé. La guerre est finie. Ne déterrons pas les vieilles histoires.

Don Luis parut un peu déconcerté. Cependant il continua :

— En 1917, une épouvantable aventure se déroula dans l’île de Sarek[1]. Vous la connaissez, monsieur le président. Mais vous ignorez certainement l’intervention de don Luis Perenna, et les projets que celui-ci…

Valenglay frappa du poing sur la table, et, enflant la voix, apostrophant son interlocuteur avec une familiarité qui ne manquait pas d’allure :

— Allons, Arsène Lupin, jouez franc jeu. Si vous tenez vraiment à gagner la partie, payez ce qu’il faut ! Vous me parlez de services passés ou futurs. Est-ce ainsi qu’on achète la conscience de Valenglay, quand on s’appelle Arsène Lupin ? Que diable ! Songez qu’après toutes vos histoires, et surtout après les incidents de cette nuit, Florence Levasseur et vous, vous allez être pour le public, et vous êtes déjà les

  1. Voir L’Île aux trente cercueils.