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POÈME
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À ma Mère.



GETHSÉMANI


Jésus au Jardin des Oliviers.



La nuit envahissait le Temple jusqu’au faîte.
Par delà le torrent où but le Roi-Prophète,
Sur la montagne, aux flancs de ronce et de graviers,
Les Onze étaient couchés sous les noirs oliviers.
Et tandis qu’ils dormaient, chargés de lassitude,
Un sanglot surhumain troubla la solitude ;
Et nul ne l’entendit parmi ceux qui vivaient ;
Et des larmes de sang sur la terre pleuvaient,
Comme aux jours disparus des prodiges antiques