Page:Leconte de Lisle - Derniers Poèmes, 1895.djvu/293

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DISCOURS

SUR

VICTOR HUGO


prononcé à l’Académie Française le 31 mars 1887
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Messieurs,


En m’appelant à succéder parmi vous au Poète immortel dont le génie doit illustrer à jamais la France et le XIXe siècle, vous m’avez fait un honneur aussi grand qu’il était inattendu. Cependant, au sentiment de vive gratitude que j’éprouve se mêle une appréhension légitime en face de la tâche redoutable que vos bienveillants suffrages m’ont imposée. Il me faut vous parler d’un homme, unique entre tous, qui, pendant soixante années, a ébloui, irrité, enthousiasmé, passionné les intelligences, dont l’œuvre immense, de jour en jour plus abondante et plus éclatante, n’a d’égale, en ce qui la caractérise,