Page:Leconte de Lisle - Derniers Poèmes, 1895.djvu/30

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PARFUM DE SÉLÈNÈ


Le Myrte



Ô Divine, salut ! Viens à nous qui t’aimons !
Descends d’un pied léger, par la pente des monts,
Au fond des bois touffus pleins de soupirs magiques ;
Sur la source qui dort penche ton front charmant
Et baigne son cristal du doux rayonnement
       De tes beaux yeux mélancoliques.

Toi qui, silencieuse et voilée à demi,
Surpris Endymion sur la mousse endormi
Et d’un baiser céleste effleuras ses paupières,
Ô blanche Sélènè, Reine des belles nuits,
L’essaim des songes d’or qui bercent nos ennuis
       S’éveille à tes molles lumières.