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PARFUM DE PAN


Les Aromates



L’air lumineux, l’Érèbe et la mer inféconde,
Et l’abîme éthéré plein d’astres éclatants,
Et l’antique Gaia qui conçut les Titans,
Et les vents déchaînés dont l’aile vagabonde
Pourchasse dans la nuit les troupeaux haletants
Des nuages striés d’éclairs au ciel qui gronde,
Que sont-ils, sinon Toi, Pan, substance du monde !

Ô divin Chèvre-pied, frénétique et joyeux,
Ton souffle immense emplit la Syrinx éternelle !
Tout soupire, tout chante ou se lamente en elle ;
Et le vaste Univers qui dormait dans tes yeux,
Circulaire et changeant, sinistre ou radieux,
Avec ses monts, ses bois, ses flots, l’homme et les Dieux,
En se multipliant jaillit de ta prunelle !