Page:Leconte de Lisle - Histoire populaire du Christianisme, 1871.djvu/104

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« Si les trois Personnes sont une seule et même Essence, il s’en suit nécessairement que tout ce qui arrive à une Personne arrive aussi à l’autre ou à la Trinité ; car, si quelque chose de particulier arrive à une Personne plutôt qu’à une autre, alors il y trois Essences distinctes, non une seule. Or, la doctrine de l’Église enseigne aussi cette proposition que la seconde Personne s’est faite homme, et non pas la première, ni la troisième. Mais, si les trois Personnes ne forment qu’une seule Essence divine, la raison prononce que, non-seulement la seconde, mais aussi la première et la troisième sont, avec la seconde, devenues homme. »

Ce raisonnement, dont la conclusion est irréfutable, fut légitimement condamné par l’Église, car le dogme de la Trinité étant inintelligible de sa nature, on ne peut, sans péché, chercher à se l’expliquer.

En 1095, le pape Urbain II réunit un Concile à Clermont en Auvergne et y publia la Croisade. Adhémar, évêque du Puy, fut chargé de mener les pèlerins en Orient, à titre de légat, et Raymond de Toulouse fut nommé chef séculier de l’expédition.

L’année suivante, 260 000 hommes partirent de France et d’Allemagne sous la conduite de Gaultier, bientôt suivis de 40 000 autres menés par Pierre l’Hermite. Tout cela fut à peu près exterminé en Hongrie, après avoir beaucoup pillé et incendié. Enfin, une dernière armie de 200 000 hommes environ, commandés par Godefroi de Bouillon, duc de Lorraine, et par un grand nombre de princes,