Page:Leconte de Lisle - Histoire populaire du Christianisme, 1871.djvu/31

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Au commencement du VIe, l’empereur grec Anastase fait examiner, critiquer, expurger et amender de nouveau les quatre Évangiles qui, dit saint Victor, dans l’état où ils étaient, semblaient avoir été composés par des évangélistes idiots : Tanquam ab idiotis evangelistis composita. Dans les dernières années de son règne, Charlemagne fait corriger les quatre Évangiles du Christ par des savants grecs et syriens : Quatuor Evangelia Christi, cum græcis et syris optime correxerat. Enfin, le pape Sixte-Quint corrige à son tour les Écritures, à deux reprises. La première révision produit la correction de plusieurs milliers de passages ; de la seconde résultent plus de deux mille corrections nouvelles.

Certes, les saintes Écritures, Ancien et Nouveau Testaments, sont le bien propre de l’Église, et elle en use comme elle l’entend ; mais si les fidèles s’imaginent qu’elle en a toujours respecté la première rédaction, ils sont plongés dans une pieuse erreur.

Le pape Urbain mourut le 23 mai, an 230, sous Alexandre Sévère. Pontius lui succéda. Celui-ci, étant mort six ans après, eut pour successeur Fabien.

Les Valésiens, ou Eunuques, parurent en 240. Ces hérétiques étaient particulièrement attachés à la chasteté. Ils n’admirent d’abord dans leur communion que ceux qui se mutilaient volontairement ; mais bientôt, poussés par un plus vif sentiment de charité, ils mutilaient à l’envi tous ceux qu’ils pouvaient saisir. On les craignait beaucoup. Cette