Page:Leconte de Lisle - Histoire populaire du Christianisme, 1871.djvu/49

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Saint Augustin a exercé une immense autorité dans l’Église, pendant sa vie et depuis, jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Nous citerons de ses ouvrages les extraits qui exposent ses idées essentielles. Qu’il nous suffise de dire que le véritable esprit du Catholicisme est là tout entier.

Nous lisons dans sa 157e lettre, adressée à Optât :

« La masse entière de l’humanité, depuis Adam, est prédestinée à la damnation. Si donc il se trouve en elle des vases de colère, ce n’est là qu’une conséquence de la peine méritée depuis la naissance. Dieu est encore fort bon ; il dispose la malice des méchants de façon à ce qu’elle serve d’avertissement aux bons, afin que ceux-ci sachent qu’ils doivent rendre grâce à Dieu de ce qu’il a bien voulu les juger dignes de sa miséricorde, eux qui étaient aussi corrompus que le reste et aussi dépourvus de mérite.

« Cela se prouve surtout par les enfants régénérés par la grâce du Christ et qui meurent : ils passent immédiatement à la Vie éternelle, tandis que les enfants privés de cette grâce meurent damnés avec la masse entière des hommes.

« Ceux qui sont sauvés doivent savoir avant tout qu’ils n’avaient aucun droit de l’être, qu’ils le sont exclusivement par la miséricorde de Dieu, gratuitement, et qu’aucun tort ne leur aurait été fait s’ils avaient été damnés avec les autres.

« Ceux qui sont damnés n’ont à se plaindre d’aucune injustice : ils étaient nés pour être damnés et avaient mérité de l’être. Toute la masse du genre