Page:Leconte de Lisle - Histoire populaire du Christianisme, 1871.djvu/85

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la doctrine de Gotescalc. Il est malheureux que cette doctrine ne soit autre que celle de saint Paul, de saint Augustin, de saint Isidore et de toute leur école. Quelques évêques contemporains tentèrent bien de défendre le Bénédictin condamné en s’appuyant de l’autorité de saint Augustin, « mais, dit l’abbé Guyot, il n’était pas aisé de saisir, au IXe siècle, les vrais sentiments de ce saint docteur. » C’est pourquoi Gotescalc est un hérétique. L’abbé Guyot en prend son parti sans peine, mais le moine n’en fut pas moins fouetté publiquement, pour avoir partagé l’opinion du saint Docteur, et enfermé pour la vie dans l’abbaye de Hautvilliers.

Le pape Léon IV mourut le 17 juillet 855. Benoît III lui succéda, mais il y eut des troubles à Rome avant sa consécration. Il fut chassé du palais de Latran, dépouillé de ses habits pontificaux et battu outrageusement par son concurrent le prêtre Anastase. Puis on le consacra. La légende de la papesse Jeanne prit place plus tard entre Léon IV et Benoît III.

Celui-ci mourut le 10 mars 858. Nicolas Ier lui succéda.

Un an auparavant, l’empereur d’Orient Michel l’Ivrogne avait chassé le patriarche Ignace et nommé à sa place un homme d’un grand génie et d’une science profonde, nommé Photius. Les évêques le firent passer par tous les ordres en six jours. De cette façon, on le fit moine, lecteur, sous-diacre, diacre, prêtre, évêque et patriarche, et le Concile de Constantinople, en 861, le reconnut pour légitimement ordonné.