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DJIHAN-ARÂ.


Or, tu vécus dix ans auprès du vieillard sombre,
Djihan-Arâ ! charmant sa tristesse et son mal ;
Et quand il se coucha dans son caveau royal,
Ton beau corps se flétrit et devint comme une ombre,
Et l’âme s’envola dans un cri filial.

Ainsi tu disparus, étoile solitaire,
De ce ciel vaste où rien d’aussi pur n’a brillé ;
Ton nom même, ton nom si doux fut oublié ;
Et Dieu seul se souvint, quand tu quittas la terre,
De l’ange qu’en ce monde il avait envoyé.