Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/184

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La gorge est pleine d’ombre où, sous les bambous grêles,
Le soleil au zénith n’a jamais resplendi,
Où les filtrations des sources naturelles
S’unissent au silence enflammé de midi.

De la lave durcie aux fissures moussues,
Au travers des lichens l’eau tombe en ruisselant,
S’y perd, et, se creusant de soudaines issues,
Germe et circule au fond parmi le gravier blanc.

Un bassin aux reflets d’un bleu noir y repose,
Morne et glacé, tandis que, le long des blocs lourds,
La liane en treillis suspend sa cloche rose,
Entre d’épais gazons aux touffes de velours.