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POÈMES BARBARES.


Tout homme est revêtu d’invisibles cilices ;
Et dans l’enivrement de la félicité
La guêpe du désir ravive nos supplices.

Frémirons-nous toujours sous ce vol irrité ?
N’arracherons-nous point ce dard qui nous torture ?
Ni dans ce monde, ni dans notre éternité.

La vieille Illusion fait de nous sa pâture ;
Nul captif n’atteindra le seuil de sa prison ;
Et la guêpe est au sein de l’immense nature.

Oui ! le dogme terrible, ô mon cœur, a raison.