Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/257

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Un long silence pend de l’immobile nue.
La neige, bossuant ses plis amoncelés,
Linceul rigide, étreint les océans gelés.
La face de la terre est absolument nue.

Point de villes, dont l’âge a rompu les étais,
Qui s’effondrent par blocs confus que mord le lierre.
Des lieux où tournoyait l’active fourmilière
Pas un débris qui parle et qui dise : J’étais !

Ni sonnantes forêts, ni mers des vents battues.
Vraiment, la race humaine et tous les animaux
Du sinistre anathème ont épuisé les maux.
Les temps sont accomplis : les choses se sont tues.