Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/261

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
251
LES RÊVES MORTS.

Dardent leurs yeux hagards à travers l’eau dormante.
Ami, ton coeur profond est tel que cette mer
Qui sur le sable fin déroule ses volutes :
Il a pleuré, rugi comme l’abîme amer,
Il s’est rué cent fois contre des rocs de fer,
Tout un long jour d’ivresse et d’effroyables luttes.
Maintenant il reflue, il s’apaise, il s’abat.
Sans peur et sans désir que l’ouragan renaisse,
Sous l’immortel soleil c’est à peine s’il bat ;
Mais génie, espérance, amour, force et jeunesse
Sont là, morts, dans l’écume et le sang du combat.