Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/263

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Cest la marque et la loi du monde périssable
Que rien de grand n’assied, avec tranquillité,
Sur un faîte éternel sa fortune immuable.

Mais, homme ou nation, nul n’est si haut porté
Qui ne puisse, au plus bas des chutes magnanimes,
Donner un mâle exemple à la postérité.

Toi qui, du passé sombre illuminant les cimes,
Emportais l’âme humaine en ton divin essor,
Ô fille du soleil, mère d’enfants sublimes !

Martyre au sein meurtri, qui palpites encor,
Toi qui tends vers des cieux muets et sans mémoire,
Dans un sanglot sans fin, Muse, tes lèvres d’or !