Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/270

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
260
POÈMES BARBARES.


Le temps n’a pas tenu ses promesses divines.
Tes yeux ne verront point reverdir tes ruines ;
Livre leur cendre morte au souffle de l’oubli.
Endors-toi sans tarder en ton repos suprême,
Et souviens-toi, vivant dans l’ombre enseveli,
Qu’il n’est plus dans ce monde un seul être qui t’aime.

La vie est ainsi faite, il nous la faut subir.
Le faible souffre et pleure, et l’insensé s’irrite ;
Mais le plus sage en rit, sachant qu’il doit mourir.
Rentre au tombeau muet où l’homme enfin s’abrite,
Et là, sans nul souci de la terre et du ciel,
Repose, ô malheureux, pour le temps éternel !